Catégorie : Spiritualité et religion

  • Gnothi seauton

    Gnothi seauton

    Expression en grec ancien, signifiant : Connais toi toi-même. Traduit par nosce te ipsum en latin.

    La phrase de Socrate “Connais toi toi-même” n’est pas exactement de lui, c’est une devise inscrite au frontispice du Temple de Delphes que Socrate reprend à son compte. Détails ici.

    « […] J’irais presque jusqu’à dire que cette même chose, se connaître soi-même, est tempérance, d’accord en cela avec l’auteur de l’inscription de Delphes. Je m’imagine que cette inscription a été placée au fronton comme un salut du dieu aux arrivants, au lieu du salut ordinaire « réjouis-toi », comme si cette dernière formule n’était pas bonne et qu’on dût s’exhorter les uns les autres, non pas à se réjouir, mais à être sages. C’est ainsi que le dieu s’adresse à ceux qui entrent dans son temple, en des termes différents de ceux des hommes, et c’est ce que pensait, je crois, l’auteur de l’inscription à tout homme qui entre il dit en réalité : « Sois tempéré. » Mais il le dit, comme un devin, d’une façon un peu énigmatique ; car « Connais-toi toi-même » et « Sois tempéré », c’est la même chose, au dire de l’inscription et au mien. Mais on peut s’y tromper : c’est le cas, je crois, de ceux qui ont fait graver les inscriptions postérieures : « Rien de trop » et « Cautionner, c’est se ruiner.»

    Dans le Charmide, de Platon
  • Prologue de l’Évangile selon Jean

    Prologue de l’Évangile selon Jean

    Traduction Segond (1910)

    Traduction du Prologue de l’évangile selon Jean par Louis Segond2 :

    1. Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.
    2. Elle était au commencement avec Dieu.
    3. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.
    4. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
    5. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.
    6. Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean.
    7. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.
    8. Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.
    9. Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.
    10. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue.
    11. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue.
    12. Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu
    13. lesquels sont nés non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.
    14. Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.
    15. – Jean lui a rendu témoignage, et s’est écrié : C’est celui dont j’ai dit : Celui qui vient après moi m’a précédé, car il était avant moi.
    16. – Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce ;
    17. car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.
    18. Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître.
  • Le bâteau de Thésée

    Le bâteau de Thésée

    Le navire à trente rames sur lequel Thésée s’était embarqué avec les jeunes enfants, et qui le ramena heureusement à Athènes, fut conservé par les Athéniens jusqu’au temps de Démétrius de Phalère. Ils en ôtaient les pièces de bois, à mesure qu’elles vieillissaient, et ils les remplaçaient par des pièces neuves, solidement enchâssées. Aussi les philosophes, dans leurs disputes sur la nature des choses qui s’augmentent, citent-ils ce navire comme un exemple de doute, et soutiennent-ils, les uns qu’il reste le même, les autres qu’il ne reste pas le même. »

    Plutarque, Vies des hommes illustres

    Vaisseau de Thésée sombrant pendant la bataille de Quiberon, en 1759. Détail d’un tableau de Richard Paton

    Dans Wikipédia : La légende du bateau de Thésée est évoquée par Plutarque dans Vies des hommes illustres. Thésée serait parti d’Athènes combattre le Minotaure. À son retour, vainqueur, son bateau aurait été préservé par les Athéniens : ils retiraient les planches usées et les remplaçaient — de sorte que le bateau resplendissait encore des siècles plus tard — jusqu’au point où il ne restait plus aucune planche d’origine. Deux points de vue s’opposèrent alors : les uns disaient que ce bateau était le même, les autres que l’entretien en avait fait un tout autre bateau.

  • Tubal Caïn

    Tubal Caïn

    Tsilla, de son côté, enfanta Tubal Caïn, qui forgeait tous les instruments d’airain et de fer. La soeur de Tubal Caïn était Naama.

    La bible, chapitre 4, verset 22 du livre de la Genèse.

    Dans Wikipédia: fils de Lamech et de Tsillah, descendant de Caïn, il passe pour avoir inventé l’art de travailler le fer et l’airain. Il est parfois rapproché au dieu Héphaïstos ou Vulcain3. On lui attribue l’invention de l’alchimie4.

    Dans certaines versions d’une légende médiévale, il a été tué par son père Lamech, après avoir provoqué la mort accidentelle de leur aïeul Caïn2.

    À propos de Caïn, dans Wikipédia: Caïn est un personnage du Livre de la Genèse (qui est le premier livre des cinq qui composent ce que le judaïsme appelle Torah et le christianisme Pentateuque) et du Coran. Selon ces textes, Caïn, fils aîné d’Adam et Ève, tue son frère cadet Abel. Caïn est ainsi, pour le Livre saint, le premier meurtrier de l’humanité, que Dieu condamne ensuite à l’exil (dans le Pentateuque, la loi du talion intervient dans des livres venant après la Genèse). Le mythe de Caïn a donné lieu à de nombreuses interprétations, théologiques, mais aussi artistiques, psychanalytiques, anthropologiques, etc1.

    Tubal-cain’s bronze and iron. Genesis cap 4 v 22. De Vos

  • Le dépouillement des métaux, René Guénon

    Le dépouillement des métaux, René Guénon

    Guénon précise à ce sujet sur la disposition intérieure du postulant : Il est évident que, de deux ignorants, celui qui se rend compte qu’il ne sait rien est dans une disposition beaucoup plus favorable à l’acquisition de la connaissance que celui qui croit savoir quelque chose : … même en admettant une égale bonne volonté chez les deux individus considérés il n’en reste pas moins, dans tous les cas, que l’un d’eux aurait tout d’abord à se débarrasser des idées fausses dont son mental est encombré tandis que l’autre serait tout au moins dispensé de ce travail préliminaire et négatif, qui représente un des sens de ce que l’initiation maçonnique désigne symboliquement comme le dépouillement des métaux.

    La symbolique maçonnique du troisième millénaire, Irène Mainguy

  • Exercice de méditation, Christophe André

    Exercice de méditation, Christophe André

    Lors d’une retraite de pleine conscience, je me souviens que notre instructeur nous avait proposé l’un de ces exercices bizarres dont les maîtres de méditation ont le secret. Il nous avait tous réunis en rond. Puis demandé de faire un pas en avant. Après quelques secondes de silence, il nous avait alors dit : « Et maintenant, essayez de ne pas avoir fait ce pas. » Je n’avais jamais entendu, ni surtout vécu quelque chose d’aussi frappant sur l’inanité de certains regrets. Et surtout, je n’avais jamais compris aussi clairement la différence entre l’enseignement par la parole et celui par l’expérience. Dans ma surprise et ma perplexité, dans l’hésitation et le trouble de mon esprit, dans mon corps qui ne savait plus que faire, tout était transmis sur l’impossibilité d’effacer et l’inutilité de regretter.

    Je médite jour après jour, Christophe André